Discours du 8 et 11 novembre 2022

CEREMONIE DU 8 NOVEMBRE 2022

Hommage aux morts pour la France

lors de la 1ère guerre mondiale

Par l’école élémentaire Normandie Niémen

SEUL LE PRONONCE FAIT FOI

Mesdames Messieurs les élus, chers collègues,

Madame l’Inspectrice de l’Education Nationale, chère Madame Raffard

Mesdames les enseignantes, Madame Pillot, Madame Druel et Madame Perrin

Mesdames Messieurs les agents municipaux

Madame, Monsieur les policiers municipaux,

Chers élèves de l’école Normandie Niémen,

Chers amis,

 

A quelques jours du 11 novembre, nous sommes réunis devant ce lieu symbolique et empreint d’histoire qu’est le monument aux morts de votre ville de Chevry-Cossigny.

En croisant vos regards, je me rends compte que certains d’entre vous ont déjà assisté à de pareilles commémorations alors que d’autres découvrent cette stèle à l’occasion de cette première cérémonie organisée par l’école Normandie Niémen.

Parce que le devoir de mémoire est à mes yeux indispensable, en ce 8 novembre 2022, nous sommes réunis sur le temps scolaire, pour témoigner de notre indéfectible reconnaissance envers les Chevriards qui ont donné leur vie pour notre liberté.

Dans chaque ville de France, il existe un monument similaire à celui qui se dresse face à vous. Ce monument sur lequel flotte le drapeau tricolore est gravé du nom des soldats morts au combat, morts pour la France, morts pour la liberté.

Comme vous pourrez le lire sur le nôtre, pour la seule 1ère guerre mondiale, il y a 51 noms de Chevriards morts pour la France. A ces noms, il convient de rajouter ceux de Maurice Lucien Carré, de Marcel Louis Dauvergne, de Paul Henri Niquin, de Firmim Ponge, de Maurice Francois Regniez, de Lucien Roger et de Lucien Georges Thioux.

Ces 7 noms ont été retrouvés par mon ami Torcéen François Pourageaux, historien hors pair, qui s’est investi pendant de longues heures afin de refaire l’histoire des Chevriards morts pour notre nation. Le fruit de ses recherches a été condensé dans un registre qu’il m’a récemment offert et que j’aurai plaisir à vous remettre très prochainement.

Je veux ce matin, le remercier pour cet exceptionnel travail et profiter de sa présence pour le mettre à l’honneur.

Avec un peu plus de 9 millions de morts et disparus, 21 millions de blessés à travers le monde, aucune famille n’a été épargnée par cette terrible guerre qui a décimé les peuples.

Après quatre interminables années de combats et de guerre, le 11 novembre 1918, à la onzième heure du onzième jour du onzième mois, la fureur s’est enfin calmée. Depuis Compiègne, où l’armistice a été signée à l’aube, jusqu’au front, du premier des clairons à tous les clochers de France, de l’esplanade de chaque ville à la moindre place de village, une déferlante de soulagement, un soupir de délivrance, ont traversé le pays de part en part.

La guerre était, enfin, finie.

Mais, derrière l’allégresse, derrière la joie qui emplissait les cœurs, derrière le drapeau bleu blanc rouge flottant aux fenêtres, derrière les Marseillaises triomphantes et sonnantes dans chaque coin de rues… partout, on éprouve le deuil, les blessures inguérissables, les ruines matérielles, morales et humaines.

Partout en France, en Europe, des mères et des pères n’ont pas retrouvé leur fils.

Partout, des familles n’ont pas retrouvé leur père.

Partout, des épouses et des époux ont perdu l’être aimé.

***

Alors, après ça, après ces années de conflit et de souffrance, le pays est traversé par la sourde évidence que rien ne sera plus jamais comme avant ; même si ; cette première guerre mondiale devait être la der des der.

Même si vous savez déjà qu’après la 1ère guerre mondiale, il y a eu la seconde une vingtaine d’années plus tard seulement.

Nous savons tous aussi qu’aujourd’hui, en Ukraine, mais aussi au Yémen, en Ethiopie, dans la région du Myanmar en Birmanie, dans la province du Xinjiang, en Chine, à Haïti, en Syrie, en Afghanistan et dans bien d’autres endroits les peuples vivent encore sous les bombes. Ailleurs dans le monde, des enfants de vos âges doivent se cacher et fuir la guerre comme les enfants de Chevry-Cossigny et de France le faisait quand la guerre ravageait notre Pays, votre Pays.

Alors oui, même si à l’école il faut étudier, même si les adultes vous fixent des règles, même s’il vous parait injuste de ne pas avoir le droit de regarder Squid Game ou Dahmer, vous avez la chance de vivre dans un pays en Paix.

Nous avons tous la chance de vivre dans un Pays en paix.

Les noms gravés sur nos monuments aux morts nous rappellent constamment que les valeurs d’honneur, de courage, de dévouement et de bravoure sont indispensables à notre société

Ces noms nous rappellent, aussi, mais surtout, à quel point notre devise française, celle de liberté, d’égalité et de fraternité doivent être le ciment de notre quotidien.

Finalement, peu-importe nos couleurs de peaux, peu-importe nos origines ethniques, notre religion, notre orientation sexuelle.

Peu-importe notre lieu de vie.

Peu-importe si nous avons le dernier Smartphone ou la dernière trottinette électrique.

Peu-importe si nous avons les dernières paires de sneakers aux pieds.

Peu-importe si nous avons un compte Facebook, Instagram, Ticktok, Snapchat ou WhatsApp.

Nous sommes toutes et tous, vous comme moi, comme tous les adultes ici présents, des citoyens libres !

Je suis de ceux qui pensent que la France est plus grande avec son histoire, grâce à sa diversité, ses valeurs, ses institutions et je suis intimement persuadé que c’est bien cet ensemble qui nous offre la possibilité de nous épanouir et de nous émanciper dans notre si beau Pays.

Alors oui ! ce matin, nous sommes la croisée entre l’histoire et le futur et il me parait indispensable de ne jamais oublier le passé pour construire l’avenir.

***

Je veux aussi saluer la présence de Monsieur Audubert, porte drapeau officiel de Chevry-Cossigny, qui est présent à chaque commémoration. Il est lui aussi le symbole indélébile de l’impérieuse nécessité à mêler les générations pour ne jamais oublier.

Enfin, je veux saluer le travail des équipes éducatives et tout particulièrement de vos trois enseignantes qui ont préparé cette cérémonie sous l’impulsion de Madame Raffard que je veux très sincèrement remercier pour son initiative.

Nelson Mandela disait : « L’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde ».

A mes yeux, bien plus efficace qu’un fusil, elle préserve les vies et élève les consciences.

***

Ensemble, entretenons le souvenir de celles et ceux morts pour la France, sans cesse, ravivons leur souvenir, inlassablement.

En tant que Maire, je suis très fier de chacun d’entre vous.

***

Aujourd’hui, en participant à cette cérémonie, vous devenez les témoins de ce qu’ont enduré les enfants de Chevry-Cossigny il y a quelques années.

Vous devenez des ambassadeurs de la Paix.

Alors, je vous invite à revenir vendredi à 10h ici même avec vos parents et vos familles pour qu’ensemble, nous n’oublions jamais que la Paix doit être défendue avec force et vigueur, au quotidien.

 

Merci à toutes et à tous de votre présence.

Merci à toutes et à tous de votre attention.

 

 

 

CEREMONIE DU 11 NOVEMBRE 2022

Hommage aux morts pour la France

lors de la 1ère guerre mondiale

SEUL LE PRONONCE FAIT FOI

Monsieur le Maire de Brie-Comte-Robert, Président de la Communauté de Communes de l’Orée de la Brie, cher Jean,

Madame la Maire de Férolles-Attilly, Chère Anne-Laure,

Mesdames Messieurs les élus, chers collègues,

Mesdames Messieurs les élus du Conseil Municipal Jeunes

Madame la Directrice de l’école Normandie Niémen, Chère Elisabeth

Mesdames Messieurs les agents municipaux

Madame, Monsieur les policiers municipaux,

Chers élèves de l’école Normandie Niémen,

Chers amis,

Le 7 novembre 1918, quelques jours avant la signature officielle de l’armistice, le caporal clairon Pierre SELLIER sonne le premier cessez-le-feu. Bien des hommes, bien des femmes, ne purent y croire. Pourtant, après quatre interminables années de combats et de guerre, à la onzième heure du onzième jour du onzième mois, la fureur s’est enfin calmée. Depuis Compiègne, où l’armistice a été signée à l’aube, jusqu’au front, du premier des clairons à tous les clochers de France, de l’esplanade de chaque ville à la moindre place de village, une déferlante de soulagement, un soupir de délivrance, ont traversé le pays, de part en part.

 

A Chevry-Cossigny, à Brie-Comte-Robert, à Férolles-Attilly et partout en France, ce même jour, les Français et leurs Alliés ont enfin célébré leur victoire.

Ils s’étaient battus ensemble, pour la Paix, pour la liberté. En résonnance aux clairons et aux cloches des églises qui sonnent, partout, les drapeaux bleu, blanc, rouge fleurissent les rues et les Marseillaises retentissent aux fenêtres enfin ouvertes !

Une seule France unie ! Une seule France rurale et urbaine !  Bourgeoise, aristocratique et populaire ! Une seule France de toutes les couleurs, de toutes les nationalités, après avoir souffert côte à côte avait, enfin, triomphé !

 

***

 

Dès le lendemain, dès le lendemain de la signature de l’armistice, commença le funèbre décompte des morts, des blessés, des mutilés, des disparus. Ici en France, mais aussi dans chaque pays.

Pendant des mois, des familles ont attendu, en vain, le retour d’un père, d’un frère, d’un mari, d’un fiancé,… Avec près de 10 millions de morts et disparus, 21 millions de blessés à travers le monde, aucune famille n’a été épargnée par cette terrible guerre qui a décimé les peuples.

Alors depuis, pour rendre hommage à tous ceux tombés au combat, dans chaque ville de notre Pays, nous avons dressé des monuments aux morts gravé du nom de ceux morts pour la France. Comme vous pourrez le lire sur le nôtre, pour la seule 1ère guerre mondiale, il y a 51 noms de Chevriards. A ces noms, il convient de rajouter ceux de Maurice Lucien Carré, de Marcel Louis Dauvergne, de Paul Henri Niquin, de Firmin Ponge, de Maurice Francois Regniez, de Lucien Roger et de Lucien Georges Thioux.

Ces 7 noms ont été retrouvés par mon ami Torcéen François Pourageaux, historien hors pair, qui s’est investi pendant de longues heures afin de refaire leur histoire. Le fruit de ses recherches a été condensé dans un registre qu’il m’a récemment offert et que j’aurai plaisir à présenter prochainement. Je veux ce matin, le remercier pour cet exceptionnel travail qui nous plonge plus que jamais dans l’histoire des enfants de Chevry-Cossigny morts pour la France.

 

Sur ce monument aux morts de Chevry-Cossigny, dans la pierre, nous avons gravé leur souvenir pour que, chaque jour, chacun, y lise à la fois le prix de la liberté, le souvenir de l’engagement de ses soldats et des raisons d’espérer.

 

***

Ce matin, je veux prendre un instant pour revenir sur cet immense cortège de combattants où défile bien entendu les soldats français mais aussi des légionnaires et des étrangers venus du monde entier pour combattre à nos côtés. Alors que pendant ces quatre années l’humanité s’était enfoncée dans le labyrinthe hideux d’affrontements sans merci, il n’y avait pas de couleur de peau, pas de nationalité, pas de religion. Tous étaient frères d’armes et brandissaient les valeurs de liberté et de paix qu’ils ont défendu au prix de leur vie.

Sur le sol de France, le monde entier était venu combattre. Des jeunes hommes de toutes les provinces et de l’Outre-mer, des jeunes hommes venus d’Afrique, du Pacifique, des Amériques et d’Asie sont venus mourir loin de leur famille dans des villages dont ils ne connaissaient même pas le nom, dans un Pays dont ils ne parlaient même pas la langue.

Pour eux, souvenons-nous : ne retranchons rien de ce qu’il y avait de pureté et d’idéal dans le patriotisme de nos aînés qui est à mes yeux l’exact contraire du nationalisme. En disant « nos intérêts d’abord et qu’importent les autres », on gomme ce qu’une Nation a de plus précieux, ce qui la fait vivre et ce qui la porte à être grande.

Alors pour eux, pour chacun d’entre eux, n’oublions pas le souvenir de leur sacrifice qui nous exhorte à être dignes.

Quelques jours après que des propos abjects aient été prononcés à l’Assemblée Nationale par un député de la Nation, souvenons-nous de ce que CLEMENCEAU y a proclamé il y a 104 ans jour pour jour : « combattante du droit, combattante de la Liberté, la France serait toujours et à jamais le soldat de l’idéal ».

 

C’est aussi cet idéal que nous honorons aujourd’hui et à travers lui celles et ceux qui se sont sacrifiés dans les combats où la Nation et la démocratie les avaient engagés.

 

Alors je le sais, j’en ai conscience, les anciens démons resurgissent, prêts à accomplir leur œuvre de chaos et de mort. Des idéologies nouvelles manipulent des religions, prônent un obscurantisme contagieux. L’Histoire menace parfois de reprendre son cours tragique et de compromettre notre héritage de paix que nous croyions avoir définitivement scellé du sang de nos ancêtres. Nous savons tous qu’aujourd’hui, en Ukraine, mais aussi au Yémen, en Ethiopie, dans la région du Myanmar en Birmanie, dans la province du Xinjiang, en Chine, à Haïti, en Syrie, en Afghanistan et dans bien d’autres endroits les peuples vivent encore sous les bombes. Ailleurs dans le monde, des hommes et des femmes, des enfants et des peuples fuient la guerre comme les enfants de Chevry-Cossigny et de France le faisait quand la guerre ravageait notre Pays, notre Europe.

Nous tous ici, nous devons, en ce 11 novembre, réaffirmer notre véritable, notre immense responsabilité, qu’est celle de transmettre à nos enfants le monde dont les générations d’avant ont rêvé et ont payé de leur sang. C’est pour cette raison que nous étions réunis mardi matin, ici même, avec les enfants de l’école élémentaire Normandie Niémen pour témoigner, sur le temps scolaire et pour la première fois à Chevry-Cossigny, de notre indéfectible reconnaissance envers les Chevriards qui ont donné leur vie pour notre liberté. Je veux remercier l’équipe éducative qui avait organisé cette cérémonie si particulière et remercier tous les enfants qui sont revenus ce matin. Comme je vous le disais, vous êtes les meilleurs ambassadeurs de la paix qui soient.

 

Je veux aussi m’adresser, une nouvelle fois, tout particulièrement à Monsieur Audubert, porte drapeau officiel de Chevry-Cossigny, présent à chaque commémoration. Il est à lui seul le symbole indélébile de l’impérieuse nécessité à mêler les générations pour ne jamais oublier. Je garderai à jamais gravé le souvenir de cet échange si chaleureux que nous avons eu ensemble, mardi, avec les enfants de l’école élémentaire Normandie Niémen.

 

Avec le temps, il est apparu que cette date si symbolique de la fin de la Grande Guerre devait être élargie pour embrasser les conflits postérieurs et faire mémoire de l’ensemble des sacrifices consentis. Ainsi, depuis 2012, le 11 novembre est devenu la journée d’hommage à tous ceux, connus et inconnus, quelle que soit leur génération, morts pour la France.

Hier comme aujourd’hui, les filles et fils de France qui accomplissent leur devoir jusqu’au sacrifice suprême, constituent une cohorte héroïque qui s’inscrit dans une longue histoire et plonge ses racines aux sources de la République. Chacun d’entre eux a sa propre histoire, une histoire d’engagement, de dignité et d’honneur. Chacune s’est achevée sur ce sacrifice suprême que reconnaissent ces quatre mots si grands : « Mort pour la France ».

 

Souvenons-nous ensemble de l’histoire et souvenons-nous aussi, surtout, de ce qu’il s’est passé après la 1ère guerre mondiale, quand l’humiliation, l’esprit de revanche, la crise économique et morale ont nourri la montée des nationalismes et des totalitarismes, quand Vingt ans plus tard, la guerre est de nouveau venue ravager les chemins de la paix.

Additionnons nos espoirs au lieu d’opposer nos peurs ! Ensemble, conjurons ces menaces que sont le spectre du réchauffement climatique, la pauvreté, la faim, la maladie, le repli sur soi, les inégalités et l’ignorance.

***

Que ce jour anniversaire soit donc celui où se renouvelle l’éternelle fidélité à nos morts ! Faisons, une fois de plus, ce serment des Nations de placer la paix plus haut que tout, car nous en connaissons le prix, nous en savons le poids, nous en savons les exigences !

 

Puisse ce rassemblement ne pas être seulement celui d’un jour. Cette fraternité, mes amis, nous invite, en effet, à mener ensemble le seul combat qui vaille : le combat de la paix, le combat d’un monde meilleur.

Merci à toutes et à tous de votre présence.

Merci à toutes et à tous de votre attention.